Photographie de fleurs sous le soleil d'été

In memoriam

In Memoriam

Sr Claire Boulanger

La longue vie de Sr Claire est une histoire sacrée écrite en lettres d’or dans le Cœur de Dieu où tout a commencé. Notre sœur en était consciente. Son chant préféré exprimait sa foi : « Je sais en qui j’ai mis mon espérance. Je suis sûr de son amour, oui il me gardera jusqu’à son retour ». Le texte qu’elle a choisi pour accompagner sa photo-souvenir révélait la même assurance en l’amour de son Sauveur : « Seigneur Jésus, je suis sûr de ton amour, mon cœur est dans la joie, car tu me sauves ». Dans ces deux textes, les mots : « je suis sûr de son amour » expriment à souhait sa foi inébranlable en l’amour de Dieu.


Photo de Sr Claire Boulanger, Oblate de Béthanie, décédée le 15 mars 2018
Sr Claire Boulanger
1922 - 2018

Une histoire sacrée vécue dans l’amour des parents pour leur fille Claire

Le père, M. Francis Boulanger, disait à sa fille unique appelée au baptême Marie, Claire, Georgette, qu’il l’avait attendue durant quinze ans. Claire a été désirée longtemps et la maman, Blandine Bonenfant était heureuse de la mettre au monde le 1er octobre 1922, à St-Narcisse dans le Comté de Champlain, du diocèse de Trois-Rivières, Province de Québec. Un garçon, décédé à vingt mois, l’avait précédée. Son autre frère Roger est né quatre ans et demi après Claire. Entre temps, les parents ont adopté un autre garçon de deux ans et demi. Dans ses notes, Sr Claire précise : « Quand je vins au monde, il y avait donc à la maison un garçonnet d’une dizaine d’années que j’ai toujours considéré comme un frère. Mon père était devenu cultivateur par nécessité, il aurait préféré la ville à la campagne et le métier de menuisier – où il excellait – à celui de fermier. Ma mère aimait le jardinage et secondait mon père de son mieux sur la ferme. »

Pour ses études, Claire a fréquenté l’école du rang de Saint-Narcisse jusqu’à l’âge de douze ans. Puis elle a dû les interrompre durant un an et demi pour cause de santé. Le désir de s’instruire et de mieux connaître la vie religieuse lui a fait choisir le pensionnat du Cap de la Madeleine tenu par les Filles de Jésus pour continuer ses études. « Je revenais à la maison, écrit-elle, pour les vacances de Noël et de juin. À seize ans et demi, après les vacances, je restai à la maison, bien déterminée à entrer au couvent dès qu’on m’y accepterait. J’aimais la broderie, l’audition de la musique et la lecture. Oui, j’étais une passionnée de la lecture. Une cousine nous avait confié une caisse de livres divers déposée au grenier. Quand ma mère avait besoin de moi, elle savait où me trouver! Tout m’intéressait : romans d’amour ou d’aventures, livres de science, etc. »

« Dès l’âge de six ans, à la question qu’on me posait sur ce que je ferais quand je serais grande, je répondais : « Une sœur. » D’où m’était venue cette idée? De la rencontre d’une cousine, Sr Marie Wilbrod, sœur du Saint Nom de Jésus? Des sœurs de l’Immaculée-Conception qui passaient à la maison chaque année pour la Sainte-Enfance? Que sais-je?

« Au début de mon adolescence, j’eus cependant quelques hésitations. De mon père, je tenais le goût de la danse, ce qui me conduisait souvent dans les veillées familiales à rencontrer des jeunes gens qui me plaisaient et me visitaient ensuite durant les vacances. Mes retours au pensionnat amenaient quelques fois des ruptures.

« Tout en appréciant beaucoup la vie religieuse, mes parents m’ont toujours laissé une grande liberté de mes choix. C’est durant ma deuxième année de pensionnat que j’ai eu le « flash » décisif de l’appel de Jésus à me consacrer totalement à Lui et cette certitude ne m’a jamais quittée par la suite. Il ne me restait plus qu’une chose à chercher : « Où Dieu me voulait-il? » La vie au contact des religieuses enseignantes m’a fait voir que je n’avais pas d’attrait pour l’enseignement. Par contre, j’en avais beaucoup pour les heures saintes, les visites au Saint-Sacrement, pour la vie du cloître. Je pensais beaucoup aux Clarisses, mais la rigueur du lever de nuit, me fit y renoncer. À la fin de la dernière année au pensionnat, une amie me donnait « pour s’en débarrasser » une notice des Oblates de Béthanie. À la lecture, j’ai eu l’intuition très nette que c’était là que Dieu me voulait. Je voulus m’organiser pour aller les visiter. Je n’y réussis qu’au mois d’octobre. … Seuls mes parents connaissaient ma démarche. Je continuai donc ma vie comme avant, attendant la réponse à ma demande d’admission. Elle vint vers la mi-décembre. Je devais entrer à Béthanie le 2 février. Il me restait juste le temps de faire mon trousseau et d’avertir mes proches. J’en ai pris plusieurs par surprise, car j’avais encore un ami régulier. Même si je l’avais averti de mon dessein, il vint me voir jusqu’à la dernière semaine et il a promis d’attendre après ma profession pour se marier. Pourtant, je ne lui avais laissé aucun espoir de retour.

« Le 2 février 1940, mon père est venu me reconduire à la Pointe-du-Lac. Pour lui, le sacrifice était immense. Mon frère n’avait que treize ans et ne pouvait pas encore l’aider sur la ferme. J’étais son unique fille, mais il se rappelait sans doute ce qu’il avait fait le jour de mon baptême et qu’il m’a révélé seulement après ma profession perpétuelle. Des fonts baptismaux, il m’avait portée à l’autel de la Sainte Vierge pour qu’elle fasse de moi une religieuse si c’était la volonté du bon Dieu. C’est peut-être de là que je tenais mon appel. »

« L’adaptation à Béthanie me fut relativement facile. Ça ressemblait à la vie du pensionnat. Je m’y trouvais dans mon élément. L’adoration eucharistique faisait ma joie. » « De mes parents, j’ai toujours eu l’exemple d’une foi profonde et d’une grande soumission à la volonté de Dieu. La messe du dimanche, c’était sacré, quelles que soient la température ou les tempêtes, nous y allions. Nous étions à quatre milles du village. Le respect des prêtres aussi était sacré. Maman répétait souvent lorsqu’elle entendait quelque chose contre eux : « Qui mange du prêtre en meurt! »


Une histoire sacrée dans l’amour qui se met au service de Jésus et de la Fraternité Sacerdotale

Le 15 août 1940, la jeune postulante de dix-sept ans prend l’habit religieux de l’époque et reçoit le nom de Geneviève de Jésus. Au début de sa vie religieuse, elle se dévoue à l’encadrement des images de la Sainte-Face de Jésus que notre père fondateur cherchait à répandre au Canada, à la demande du saint pape Pie X. L’image portait le texte de la bénédiction du Pape et les décorations que Sr Claire de Jésus (Sr Estelle) y plaçait habilement : clous, éponge, échelle, etc. Notre sœur s’est appliquée avec amour, ferveur et joie spirituelle à cette tâche qu’elle aimait beaucoup et dont elle nous a parlé avec enthousiasme.

Sr Geneviève de Jésus avoue cependant que des difficultés lui sont venues du fait que sa grande timidité la rendait peu communicative. « Comme on faisait de l’ouverture de cœur aux supérieures et à la maîtresse des novices, une condition de persévérance, dit-elle, longtemps j’ai cru qu’on allait me renvoyer. Je fus délivrée de cette peur seulement dix ans après mon entrée, quand je fus nommée supérieure locale à Paris. La profession perpétuelle m’avait rassurée pour un temps, mais cela avait peu duré parce que j’avais eu connaissance du renvoi d’une professe perpétuelle peu de temps après mon arrivée à Paris. »

L’année canonique du noviciat étant achevée, Sr Geneviève de Jésus s’engage à la suite de Jésus par la profession religieuse pour un an, le 12 septembre 1941. La guerre de 1939 sévit en France, de sorte qu’il n’est pas question d’aller à la Maison-Mère de Paris. Sans contact avec le fondateur, le père Albert Allard, c.f.s. et Sr Louise de Jésus forment les candidates en s’inspirant des Constitutions, du Code canonique et de l’Évangile. Trois ans plus tard, le 12 septembre 1944, Sr Geneviève prononce ses vœux perpétuels au Béthanie Sainte-Thérèse de Pointe-du-Lac que notre père fondateur avait fait construire en 1933.

Notre sœur a noté : « Naturellement, j’avais peu de problèmes, ni de questions. Celles-ci étaient habituellement éclairées par les enseignements et la prédication. Et c’est encore comme cela aujourd’hui, en 2004. » Nous savons par ses échanges, que Sr Geneviève de Jésus a beaucoup apprécié les conférences données à Béthanie par le Père Allard, c.f.s. en qui le père fondateur avait une grande confiance. Selon notre sœur, ce religieux qui leur enseignait la philosophie, était un saint, tout autant que notre fondateur.

En avril 1946, Sœur Geneviève de Jésus visite sa famille durant trois jours, car elle part pour l’Europe, pour dix ans. Le fondateur est en fin de vie, à La Beuvrière. Notre sœur a pu le voir avant son décès le 1er août. Elle se rappelait cette visite estimée comme une grâce. Quelques années plus tard, commence pour elle une série d’obédiences au service de ses sœurs comme supérieure locale dans les maisons administrées par la Fraternité Sacerdotale. Paris (1950-1952), Rome (1952-1956), Pointe-du-Lac, au Béthanie Ste-Thérèse (1956-1958). Sœur Geneviève de Jésus a beaucoup aimé Rome. Elle comprenait bien l’italien et procurait aux sœurs des livres pour apprendre cette langue. Après la mort du fondateur, les sœurs ont été appelées dès 1952, à se dévouer à la cuisine. Sœur Geneviève de Jésus devait veiller au bon fonctionnement de deux Béthanies, celui de Monte Mario (25 déc. 1953) et celui de la Villa Colonna (25 nov. 1948) en attendant la fusion de ces deux Béthanies en un seul, le 1er juillet 1955. La situation était assez pénible en déplacements. Sr Geneviève a tout accepté dans la paix. Elle avouait : « Je tiens de mes parents l’importance de faire la volonté de Dieu. Si je regarde ma vie, cela a peut-être été la recherche dominante de ma vie et la source de ma paix. »

En novembre de cette année 1958, elle est nommée supérieure au Béthanie St-Luc de Pointe-du-Lac pour veiller, entre autres, à l’administration des Produits Phyto. La Fraternité Sacerdotale cherche de nouvelles sources de revenus en promouvant « la santé par les plantes ». L’entreprise est importante et suppose l’entreposage de nombreux sacs de plantes diverses. Le pollen s’en dégage, ce qui ne favorise pas la santé de notre sœur sujette à l’asthme. En 1962, elle sera envoyée à Rome où, durant trois ans de supériorat, elle se mettra de grand cœur au service de la Fraternité Sacerdotale et de ses sœurs.


Une histoire sacrée dans l’amour qui se donne au service de ses sœurs

En 1967, les sœurs renoncent à leur nom de religion pour adopter celui de leur baptême. Après deux années d’études bibliques et doctrinales à Sillery et à Cap Rouge, Sr Claire est élue supérieure générale, le 26 août 1969. C’est le temps de l’aggiornamento après le Concile Vatican II et dans ce contexte spécial, la congrégation est devenue autonome financièrement. L’institut peut maintenant se dévouer pour diverses institutions sacerdotales et gérer ses propres œuvres. Les constitutions doivent être révisées, le coutumier, les prières, etc. Toute une mission l’attend alors que Mgr Lionel Audet « est enchanté de céder à sœur Claire son exigeant privilège … » de supérieur général, mais il reste assistant religieux par ses conseils. « Certaine de cette présence discrète et fidèle, Sr Claire endosse avec foi la mission que Jésus, par ses sœurs, lui a confiée, et elle s’efforcera d’accomplir les décisions capitulaires. » (Dieu trace le chemin, p. 427). Sr Claire sera réélue au Chapitre général de 1975 où les capitulaires ont mieux défini encore leur identité à travers un texte pouvant être remis aux jeunes candidates. De 1975 à 1978, Sr Claire vivra à Québec, au Collège Marguerite d’Youville, avec ses conseillères, de telle sorte que la Maison Générale est distincte de la maison locale de Sainte-Marie de Beauce où elle vivait depuis le Chapitre général de 1969.

Durant son mandat, Sr Claire a dû parfois entamer des échanges difficiles avec la direction laïque de la résidence diocésaine des prêtres de Paris pour maintenir l’adoration du très Saint Sacrement telle que nous avions mission de la vivre, de façon continue, par la succession des adoratrices. Le nouveau directeur voulait traiter les sœurs comme des employées qui auraient dû assurer toutes leurs prières, soit très tôt le matin ou le soir, à la fin du jour. C’est grâce à sa fermeté et à son ouverture au dialogue que les sœurs ont pu continuer leur mission d’adoration tout au long du jour.

Ailleurs, le dialogue était tout aussi nécessaire pour obtenir les avantages sociaux – Régie des Rentes au Québec, Seguro Social en Colombie – auxquels les sœurs avaient droit. Par ses lettres circulaires, ses exhortations et son exemple, Sr Claire savait aussi stimuler les sœurs à vivre la fraternité évangélique. Il fallait déjà penser à la subsistance des sœurs anciennes atteintes dans leur santé et s’efforcer de constituer un fonds de prévoyance. Il a été mis sur pied dès son premier mandat. Si, aujourd’hui, nous pouvons en bénéficier, nous le devons en partie à Sr Claire.


Une histoire sacrée dans l’amour qui s’épanouit au secrétariat de la cause de béatification du père fondateur

Sous la direction des religieux de la Fraternité Sacerdotale, Sr Claire assume, à partir du 3 novembre 1992, plus de responsabilité au secrétariat de la cause du père Prévost, à Pointe-du-Lac où elle se dévouait depuis le 5 juillet. Durant huit ans, elle contribue avec Sr Thérèse Lavallée à répondre à la correspondance et aux personnes qui viennent à la crypte prier près du tombeau du père fondateur. Elle travaille assidûment à recueillir des renseignements utiles pour compiler des « fiches biographiques » en vue d’une publication ultérieure d’une biographie du père Prévost. Sr Claire apprécie beaucoup son fondateur, elle souhaite ardemment sa béatification et profite de toutes les occasions pour inviter ses Amis à prier Jésus Prêtre en faisant appel à son intercession.

En l’an 2000, par décision du Conseil général C.F.S., le père Prévost est mis en terre au cimetière communautaire de la Fraternité Sacerdotale, à Pointe-du-Lac. Ce fut une très grande épreuve pour elle et bien d’autres. Le 6 mai de cette même année, elle reçoit son obédience pour la Maison Générale de l’avenue Murray, à Québec.

Pour la cause du père Prévost, et notamment la publication du bulletin, les Oblates de Béthanie ont créé alors une corporation civile distincte appelée Les Amis de Béthanie. Sr Claire continue à se dévouer pour la publication du bulletin et les tâches connexes nécessaires à cet « apostolat par la presse » tant voulu par le fondateur.

Sr Claire accueille fraternellement les personnes qui viennent adorer le Saint Sacrement dans notre chapelle semi-publique. Sa chaleureuse compassion lui facilite l’écoute de ces personnes parfois très éprouvées. Quelques-unes nous ont laissé leur témoignage. En voici un écho. « Sr Claire était une femme avec tant d’amour à partager, une générosité et une compassion hors norme. Ça me peine de la savoir partie. En même temps, je sais que son temps était venu d’aller rejoindre Jésus. » — « Amour! Fidélité! Simplicité dans le Cœur eucharistique. Elle fut pour moi édifiante, en toute tendresse. Merci! » — « De si beaux souvenirs m’accompagnent concernant Sr Claire : sa grande gentillesse, une douce sérénité et une telle sagesse! Je suis choyée d’avoir été parmi les personnes qui l’ont côtoyée, ont partagé des moments avec elle. » — « Sœur Claire fut parmi ces personnes qui rayonnent l’amour de Dieu. La tendresse de son accueil à la fois discret et chaleureux soutient le cheminement de ceux qui cherchent Jésus. » — « Sr Claire aidait les missionnaires par l'entremise de l'organisme Développement et Paix en lui fournissant régulièrement de très nombreux timbres oblitérés. Elle les lavait, les décollait, les triait. Puis elle allait les déposer aux Services Diocésains de Québec. Combien d'heures de temps libre n'a-t-elle pas consacrées à ce service avec beaucoup d'amour. »

Des religieux prêtres ont reconnu sa profonde simplicité qui mettait à l’aise son interlocuteur. D’autres lui demandaient conseils et appréciaient ses réponses judicieuses. C’était une femme de devoir. Sœur Claire aimait les jeunes et jusqu’à la fin de sa vie, elle a gardé espérance pour les vocations religieuses et sacerdotales au Québec. Attentive aux jeunes, elle était ouverte au changement sur des points secondaires. Ainsi, elle a accepté, lorsqu’elle était supérieure générale, qu’à Paris, les sœurs et leurs amis prient à la chapelle d’adoration en s’agenouillant « sur le petit banc de prière », en usage au Carmel et ailleurs.

La santé de Sr Claire faisant défaut en 2016, elle reçoit le 1er juin son obédience pour le Béthanie St-Joseph, récemment constitué après la fermeture de l’Oasis Marthe et Marie, de l’avenue Oak à Sillery. Les Sœurs de St-Joseph de St-Vallier accueillent ainsi cinq sœurs Oblates de Béthanie, le 8 juin suivant. Sr Claire fait partie du groupe avec Sr Céline Trahan, Sr Cécile Fréchette, Sr Brigitte Labbé et Sr Pauline Martel. La vie régulière d’adoration est maintenue dans leur oratoire particulier.

Le 7 novembre 2016 puis le 23 février 2017, Sr Claire tombe dans sa chambre à la suite d’un ACV. Ses jambes ne la portent plus et ses facultés cognitives sont atteintes. Il devient difficile de comprendre son langage. Le 20 décembre 2017, elle reçoit avec beaucoup de joie la visite de son neveu Gilles qui reste trois heures avec elle. Il ne la reverra plus. Le 9 février 2018, Sr Claire reçoit le sacrement des malades avec ses compagnes et les sœurs de St-Joseph. Le 12 mars, sa santé décline rapidement et le 15, elle rendra le dernier soupir, paisiblement à 15h. 15, alors que Sr Louise Gauthier, s.s.j. prie Jésus à haute voix près d’elle. Sr Céline Trahan, sa supérieure Oblate, l’avait assistée longuement jusque là.

Les funérailles ont été célébrées le mercredi, 21 mars, à l’Oratoire St-Joseph par le père Gilles Pelland, s.j., qui a prononcé une vibrante homélie, rendant hommage à notre sœur tout en commentant les lectures choisies pour la liturgie de la Parole : Isaïe 25, 6-10, Romains 12, 1-3, Psaume 12, 4-6 et saint Jean 6, 51-58. Les Pères de la Fraternité Sacerdotale : Elkin Darios Lopez, économe général, Gérard Monfette, Bruno Hamel et Gabriel Pelletier ont concélébré et le frère Michel Lagrois était présent également. L’inhumation aura lieu à Ste-Marie plus tard après la fonte des neiges.

Le texte de la prière de Sr Claire en action de grâces pour ses 70 ans de profession a été déposé près de son cercueil. Il traduit les sentiments qui l’ont animée tout au long de sa vie religieuse.

Prière de Sr Claire

Seigneur Jésus, il y a soixante-dix ans, dans la joie et la ferveur de ma jeunesse, je t’ai consacré ma vie. Dans le secret de mon cœur, je t’ai dit simplement : Tout ce que je suis, tout ce que je ferai, je te l’offre de tout cœur pour la sanctification des prêtres, tes amis. C’est ma réponse d’amour à ton appel.

Au soir de ma vie, je te l’avoue en toute sincérité, je ne regrette rien de ce que j’ai quitté pour te suivre et vivre dans ta compagnie.

Comme tu m’avais prévenue, il m’est arrivé de rencontrer la croix, mais je sentais que tu étais là pour soutenir mon espérance et me garder dans la paix. Tu as été fidèle, bien au-delà de mes attentes. Tu m’avais promis le centuple, merci de me l’avoir accordé si généreusement. Quant à moi, il m’est arrivé de manquer d’amour à ton service et d’attention envers mes sœurs. Je compte en toute confiance sur ton infinie miséricorde et sur leur pardon.

Seigneur, je te confie mon amour toujours disponible, mes souvenirs toujours vivants, ma communauté qui me comble. Je veux faire de mes dernières années un chant d’action de grâce et une montée joyeuse à la rencontre de ton amour.

Tous les jours, je lève les yeux vers ta demeure où tu m’appelles. C’est là que tu m’attends pour la fête éternelle. Merci, Jésus!

Merci, Sr Claire pour ce que tu as été pour Jésus, pour ta famille, pour les prêtres et pour tes sœurs bien-aimées.


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